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Interview : Morphosis

Ici même, une brève interview de Morphosis en collaboration avec le collectif Clima dans le cadre de la soirée éponyme au Batofar avec DJ Deep et Morphosis en live.

Auteur du magnifique What Have We Learned sur Delsin et classé dans les cinq meilleurs albums de l’année 2011 par Resident Advisor, Morphosis est sans conteste l’un des producteurs du moment. Il conforte l’auditeur dans l’idée que la techno est aussi un moyen d’expressions intimes, singulières autant qu’universelles.
Un histoire de saisons.


Quel est ton rapport aux saisons et quelle influence peuvent-elles avoir sur ta vie, ton travail ?
Les saisons sont à l’évidence l’expression naturelle du cycle de la vie, depuis la naissance jusqu’à la mort. Dans ce cycle je vois la mort comme une nécessité, un moyen de se régénérer à travers une forme meilleure. Notre vie est quotidiennement liée à sa fin terrestre. La mort est la garante d’un ordre naturel, elle promet une continuité essentielle et la naissance de fruits meilleurs.

Quelle importance prend la lumière naturelle dans les différents lieux où tu as voyagé, vécu ?
Depuis que je voyage, j’ai toujours expérimenté la lumière naturelle de manière différente selon l’endroit où je me trouvais. Ce qui est vraiment frappant je trouve, c’est qu’à la vue d’une photographie ou d’une vidéo réalisée sans effets, on peut reconnaître certains lieux simplement grâce à l’intensité naturelle de la lumière. Et elle a beau être un phénomène naturel, elle n’influe pas seulement sur la température ou notre alimentation. Non, quand on s’y intéresse de plus près, on se rend compte à quel point elle modèle le style de vie et même la personnalité des peuples. La lumière est réellement essentielle par son intensité.

Tu es quelqu’un qui a beaucoup bougé : Liban, Italie, Allemagne … Comment conçois tu le voyage ?
Le voyage est le premier amour de l’Homme, et ce depuis le commencement du monde. Je ne vois pas le voyage comme un attrait personnel, mais plutôt comme une caractéristique profondément humaine. Les Hommes sont nomades par définition. A l’origine il s’agissait d’une question de survie : on se déplaçait à la recherche des sols les plus fertiles pour se nourrir. De sorte que le mouvement est devenu un état d’esprit. L’Homme est un aventurier, il aime parcourir de longues distances. Quand cette attraction pour le voyage cessera, alors ce sera la fin de l’humanité car à mes yeux, son développement n’est pas possible autrement.

Musicalement, quels sont tes futurs projets ?
Beaucoup de choses sur le feu.

Est-ce qu’il y a un artiste visuel que tu apprécies tout particulièrement ?
Je n’ai pas d’artistes visuels préférés. Il me semble que c’est un domaine où il est vraiment difficile de juger tant la perception des choses varient d’un œil à l’autre. Les gars qui se sont occupés de l’art visuel lors de mon live à Unsound festival (les Berlinois de MFO) étaient très bons. Je me rappelle aussi avoir vu de très bonnes choses au Today’s Art Festival et au Fiber Festival à Amsterdam.




par A. Clima

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