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Traces

Delta Funktionen

Label : Delsin
Date de sortie : 18 juin 2012

Ma première rencontre avec Delta Funktionen remonte à Silhouette Ep, en particulier au remix de Marcel Dettmann.
Ce remix, bluffant de présence, touche à l’essence même de la techno, un mélange de rythmes hypnotiques et d’ascèse cérébrale, installant au passage une ligne de basse absolument dantesque.
L’original, plus vertical, râpeux et percussif, déroule cette boucle abstraite, vicieuse et addictive, dansante sans discontinuité. Pas de triche ni d’esbroufe ici, encore moins de manière.

DF, c’est un son granuleux, texturé, acid et brut, épuré (ou “minimal”) pensé pour planer dans la troisième dimension sans jamais perdre la pulsation. Et purement techno, forcément. Du moins jusqu’à ce premier album, Traces, sujet de la dissertation ici présente, vienne jusqu’à moi.

Un album peut servir à beaucoup de choses. Quand il permet de saisir à travers un univers cohérent une palette sonore riche, pleine de nuances, pertinente, le défi musical est relevé. Electro, techno breakée, techno pure, pointes acid omniprésentes, house froide… Le répertoire de Delta Funktionen est aussi vaste que maîtrisé.





Frozen Land ouvre le bal, basse ronronnante et mélodie tirant sur l’acid. Enter enfonce le clou, breaké à la sauce drum’n bass vibratile. On imagine presque les prémices d’un Sound of the Big Babou de Garnier poindre en arrière plan de cette chorale acid d’oiseaux synthétiques.

Sans jamais quitter le dancefloor, Utopia et Challenger planent dans la stratosphère. Plus loin, Target reste dans le cinématographique, côté abysses électro U.S. (ce riff de 909 !)

Sans mystère les grosses balles acid sont atteintes avec Redemption et And if You Know (lieu commun certes, mais qui sent les tracks de peak time au Berghain). Onkalo remporte lui la palme de la rave de hangar vrillée avec son grillon de bruit blanc métallique découpé et trituré par un maniaque obsessionnel.

Enfin On A Distant Journey clôt l’exercice par une superbe déclaration d’amour mélancolique, oscillant entre des synthés “Apocalypse Now” et de l’acid à la bride sur le cou, laissant penser à la drill’n‘bass de Squarepusher période Go Spastic.

Une corne d’abondance techno, pas moins.

par Vincent B.

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