RIP
Actress
Label : Honest Jon’s (HJRLP60)
Date de sortie : 20 avril 2012
Il y a fort longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à l’écoute d’un album.
RIP, dernier LP d’Actress, sorti chez le décidément insaisissable et hautement qualitatif Honest Jon’s est un disque fascinant à bien des égards, très nettement au-dessus du lot, innovant, éclectique et jamais ennuyeux. Réussi au point de ne plus savoir réellement quoi écouter par la suite, comme puni d’y avoir trop longtemps laissé trainer l’oreille.
Si le premier opus de Darren J. Cunningham souffrait d’un relatif anonymat, Hazyville était une magnifique promesse pour tout amateur de musique. Splazsh, sorti en 2010 franchissait une seconde étape, et propulsait Actress au rang de personnalité bien établie de la scène électronique, anglaise et tordue de surcroît.
Que dire dès lors de RIP, si ce n’est qu’il ferait passer la musique en vogue pour une vaste mascarade et bon nombre de producteurs actuels pour de petits plaisantins, sorte de déclassement général à l’échelle d’un continent.

Au moment même où il devient difficile de faire la part des choses entre surenchère, caricature, mainstream déguisé, création et idée (je parle ici principalement de musique) cet album fait l’effet d’une bombe.
N’y chercher aucun second degré, et si les références à Autechre ou Boards Of Canada ne manqueront pas, laissez vous simplement convaincre qu’il s’agit ici d’une petite révolution.
Alternant moments de grâce, de lumière, complaintes, équilibres et déséquilibres, RIP se compose d’une succession de tracks quasi parfaites tantôt rampantes, tantôt aériennes, assaisonnée de sonorités club fatalement à la dérive.
Intelligent sans jamais paraitre prétentieux, presque accessible en fait, Cunningham possède cette faculté à embrasser les genres et les styles tout en conservant une patte clairement identifiable.
La musique garage percute les influences raves (The Lords Graffiti) , les sonorités deep se mêlent à une forme de bruitisme étouffant, la magnificence ambient d’un Jardin venant couronner le tout. Les différentes tracks de l’album se précipitent pèle mêle jusqu’à nos oreilles, comme une déambulation étrange de morceaux sans queue ni tête, pourtant ô combien cohérents. Les sonorités sortent de terre, dub step, electronica, techno, house, soulèvent le sol sur quelques mètres pour s’y replonger presque instantanément, procédant par soubresauts …
Une descente verticale sans pallier préalable, fuyante et addictive au possible, presque d’une autre planète.
par Julien B.






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