Iradelphic
Clark
Label : Warp (WARP222)
Date de sortie : 02 avril 2012
Lorsque l’on me parle de Clark, je me remémore ces écoutes interminables en compagnie de Noob et de tant d’autres fans du producteur anglais, ces 1001 conversions de détracteurs à coups de Dead Shark Eyes, Slow Spines, Herzog.
Fantasme d’adolescent aux portes de la concrétisation, le 31 Mars prochain précisément dans le cadre de la We Are Reasonable People 001 aux côtés d’Andy Stott, de Mondkopf, de John Stanier et des amis de Society of Silence pour le retour du monstre sacré.
Sixième album, après tant de pièces incontournables, souvenirs d’un temps où mon alimentation musicale devait principalement aux labels Warp, Rephlex et Planet Mu. Loin, loin de Gravenhurst, Gang Gang Dance et des derniers arrivants, sortent de survivant d’un âge d’or aux côtés des trop rares Mark Pritchard, Boards Of Canada et Autechre.
Appréhension donc au moment d’ouvrir la pochette du disque promo, nous qui tremblotons d’avance à l’idée de rencontrer le monsieur, nous qui ne cessons de retourner cette programmation du sol au plafond.
Première écoute étouffée, comme pris à la gorge entre déception première et réflexion fondée : “Une réécoute vite, une réécoute”.
Des notes de pianos (Black Stone), des cordes encore des cordes. Mais pourquoi donc, pour que je me pende ?

Difficile à dompter, difficile à comprendre tant l’écart est immense avec Turning Dragons.
Absence de violence, disette de matière corrosive mais cette patte reconnaissable entre mille, ce grain, ce souffle qui suffit à différencier l’album de Lorn du reste du répertoire Brainfeeder.
Tout commence par une berceuse sans que jamais rien n’aille trop vite. Les breaks se font rares, les distorsions font de même, le(s) piano(s) respire(nt), les cordes se pincent. Downtempo.
Ecrasement de softs à même le sol, volume, mélodies intrinsequement warpienne (Com Touch), nappes épaisses (Broken Kite Footage) qui tiennent tout autant du divin que de la machine. Une gamme renouvelée d’outils, d’instruments, une voix féminine, celle de Martina Topley Bird, un magnifique triptyque intitulé The Pining et quelques milliers de kilomètres entre l’Australie, Berlin, le Pays de Galles, Bruxelles, Cornwall, la Norvège et Londres, du vintage au plus moderne.
Clark marque une pause. Iradelphic sonne comme une évidence, magnifique à bien des égards sans doute difficile à digérer pour les adeptes de la déconstruction Clarkienne mais rapidement incontournable pour ceux qui gardent en mémoire un morceau comme Automnal Crash.
Conçu comme un véritable album, le dernier Clark nécessite une écoute d’un trait, transporte ici et là et nous achemine vers les contrées traversées par l’auteur au moment de la conception du disque.
Reprise de souffle et constat suivant : cette musique, peu importe sa forme, me portera encore longtemps.
10 Tracks incontournables
Dead Shark Eyes
par Julien B.






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