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Black Up

Shabazz Palaces

Label : Sub Pop (SP900)
Date de sortie : 28 juin 2011

Shabazz Palaces est un collectif basé à Seattle dont les deux premiers Eps, Of Light et Shabazz Palaces, datant de 2009 sont sortis dans l’anonymat le plus complet. Pas de label, peu d’informations donc, si ce n’est deux noms : Palaceer Lazaor (Digable Planets) et Ishmael Butler. Le mystère est épais, le groupe revendiquant un nouveau mode de partage de leur musique, sans myspace, sans médiatisation ou presque, avec pour seul instrument des sorties distribuées via leur site, laissant parler leur musique fascinante, sans le moindre artifice communiquant.





Black Up donc, premier long format du collectif, propose un hip hop avant-gardiste, bien loin des productions américaines contemporaines, tant au niveau du son que du propos, écho lointain du Hip Hop alternatif d’Anticon ou d’Aesop Rock. Dès les premières notes de l’album, le ton est donné : un Hip Hop mental, sombre, fait de basses lourdes et denses, presque étouffantes, génératrices d’une tension palpable, étoffées de samples mélodiques aux allures d’incantations.
Parsemé de sonorités africaines et tribales, Black Up fait appel à la mémoire d’un son ancestral, puissant, montré sous un jour nouveau, entre beats déstructurés, free jazz, grime et influences dubstep. Le flow nonchalant et les lyrics insoumis de Palaceer Lazaor participent également à cette mystique si symptomatique du son “Shabazz Palaces”.





Dans ce paysage noir inclassable et angoissant (An Echo from the Hosts that Profess Infinitum,Youlogy…), on aperçoit tout de même quelques éclaircies (Are You Can You Were You (Felt), Recollections of the Wrath) aux sonorités plus légères et aux samples étourdissants. Les tracks sont évolutives, souvent découpées en deux parties, aux portes d’une ivresse transcendantale et hypnotique, musique de sorciers vaudous offrant là un “album manifeste futuriste”, détonant et que l’on pourrait qualifier de Witch Hip Hop.
Un album riche et spirituel, des clips, là aussi d’une excellence rare, qui ne viendront pas contredire tout le bien que l’on pense de ce frémissement nouveau, qui pourrait bientôt s’avérer être le plus grand tremblement de terre que le Hip Hop n’est jamais connu.

par Marylou G.

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