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Reality Grimm

Dimlite

Label : Now-Again (NA5086)
Date de sortie : 17 novembre 2011

Au rayon “je n’ai pas la reconnaissance que je mérite” Dimlite fait figure de gros poisson.

Producteur relativement méconnu au regard de la qualité et du nombre impressionnant de morceaux pondus depuis le début de la décennie passée, Dimitri Grimm s’est imposé comme l’une des têtes de gondole d’un genre difficilement cernable, car soumis à d’incessantes évolutions. Inclassable, intemporel aussi, tant ses productions dénotes des “écoles références” et traversent les années sans se soucier des aléas du genre (mais de quel genre exactement ?). Ni Brainfeeder, ni Alpha Pup, ni Friends of Friends, Dimlite creuse son sillon au sein de l’écurie Now-Again, loin des standards propres à la maison mère Stones Throw.





Personnage discret, timide au premier abord, le Suisse est avant tout un orfèvre musicien, féru de jazz, de psychédélisme (preuve en est l’hommage dissimulé au groupe de jazz psyché The Stark Reality) de bruitisme et de musique noise. Il possède ce petit grain de folie nécessaire à la composition de musique alambiquée, transgresse les formules établies et offre à l’auditeur un château de cartes musicales, vacillant, déconstruit, énergique, parfois mêmes épileptique.

Album parfaitement orchestré, préférant l’instrument au sampling, Reality Grimm est à l’image du personnage, entre calme et tempête. Expérimental et nourri de sonorités lives, de rythmiques débridées balancées à coup de baguettes par Julian Sartorius, l’effet n’est que plus saisissant encore en live.

Loin de ses premières sorties chez les Allemands de Sonar Kollektiv (label de Jazzanova), Reality Grimm propose une nouvelle étape dans l’évolution musicale du style Dimlite. Moins éthéré, moins branlant que l’excellent Prismic Tops sortie l’année dernière, Reality Grimm rentre de plein pied dans l’univers délirant du suisse et amène ce petit brin de fraicheur, preuve de renouvellement perpétuel.

Une forme d’introspection jouissive, et un plaisir réel à venir s’inviter là où seul le suisse semble habiter, quelque part dans un petit coin de sa tête.

par Julien B.

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