4everevolution
Roots Manuva
Label : Big Dada (BD190)
Date de sortie : 26 septembre 2011
Chez Sonotown, on a forcément un petit faible pour Roots Manuva. Pas pour rien qu’on a nommé notre résidence au New Morning, à partir du 9 septembre, Brand New Second Hand.
Alors, quand le rappeur de Stockwell (South London) revient avec son huitième album, on est à coup sûr sur la brèche.
Avec son premier album, en 1999, Roots Manuva avait fortement marqué les petites têtes blondes des quasi-trentenaires que nous sommes aujourd’hui. Bien lancé par le duo de Coldcut et leur label Ninja Tune, Rodney Smith, en précurseur du Grime, avait réussi à apporter une crédibilité à un Brit hip-hop largement phagocyté par la pop et la drum’n‘bass. Son album suivant, Run comes Save me, marquait pourtant le début d’une succession d’échecs relatifs, aussi bien commerciaux que critiques (voir par exemple les critiques de Pitchfork).

Annoncé comme sa meilleure production depuis des lustres, 4everevolution est pourtant loin de nous surprendre. Toujours un savant mélange de hip-hop, de dub et de ragga au service de productions electro minimalistes. Le rappeur d’origine jamaïcaine pose son flow (si) caractéristique avec des textes engagés (Skid Valley par exemple) qui trouvent un écho dans les émeutes qui secouent l’Angleterre depuis plusieurs semaines. Cet opus contient aussi quelques titres plus légers comme Get The Get, ou l’accrocheur Watch Me Dance. À presque 40 balais, Manuva y révèle de véritables qualités vocales, avec un chant rocailleux soul funk à souhait. Peut-être une voie à suivre pour la suite.
Reste que l’ensemble est loin d’être parfait. Ainsi, le nombre de titres trop important (17) apporte son lot de productions dispensables. Pis, le rythme monotone de 4everevolution nous plonge petit à petit dans l’ennui et ce ne sont pas les featurings, plus ou moins sympathiques (les interventions féminines sont d’un sacré mauvais goût) qui changeront la donne.
par Guillaume Z.









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